L'étonnement de croire

Vendredi, 31 Mai 2013 15:10 Michel Ligner
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« L'étonnement de croire ». Tel est le titre de ce livre édifiant d'Albert Rouet. On aimerait lui offrir un sous-titre formidable : « La grâce de faire ». En cet espace, gentiment proposé au lecteur, seul un grain de sénevé peut exprimer quelque chose, viser l'essentiel dans ce coin de jardin.

De l'auteur, il dira que son œil écoute et... surgira l'indifférent. Celui du peintre, « cet avant-courrier de l'aurore, moitié discours, moitié sensibilité, à aucun élément étranger, et qui attend le moment juste...Non, non, il n'est pas indifférent! » Ainsi parlait, Paul Claudel dans « L'œil écoute ». (1)

Emerveillée, la foi du charbonnier, celle qui a plus appris dans les mines d'étain que chez Maurice Merleau-Ponty, mais qui n'en fait pas moins l'apologie de « L'œil naïf », trouvera grain à moudre dans les pages de l'ouvrage de l'archevêque honoraire. (2)

L'excellence de cet essai est une ouverture, plus encore une aventure qui vient de l'intérieur.

L'échanson qui nous met l'eau à la bouche par ce colloque singulier avec nous-mêmes, nous fait discrètement goûter les fragrances d'un au-delà du sensible. Le lecteur plein d'espérance a aussi le droit de rêver...pour ne pas sombrer. C'est l'heure de s'enivrer de l'onde mystérieuse de la rivière.

La foi première ne s'appelle plus mélancolie...Que vive ce beau livre qui mérite bien cette petite fleur!

 

1. Référence à « L'indifférent » du peintre Antoine Watteau

2. Référence à l'expérience de Régis Debray

 

Michel Ligner le 17 mai 2013

Mise à jour le Vendredi, 31 Mai 2013 15:16